Overblog
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
/ / /

« De l’autre côté du miroir »

Chapitre 1er

 

Je les imaginais bien tous les habitués du 19h15 courant comme des dératés à la sortie du boulot pour arriver avant qu'il ne reste  plus que la solution de s'asseoir entre Josy et Lucette !

J’en connais même qui préférait encore voyager debout ou dans les wagons fumeurs plutôt que d'avoir à supporter leur conversation.

Peine perdu d’ailleurs, parce que la voix de josy couvrait largement la surface du wagon ...

"Ça y est "dit Josy "ma sœur va offrir un petit frère à Ninja !"

"Mon DIEU" fit je

Moi, qui en trois ans de trajet biquotidien n'était jamais intervenue dans leur conversation !!!

"Et ils ont déjà choisi le prénom ?!?"

Lucette me regarda avec consternation, je crus même un instant qu'elle ne m'avait pas reconnu, dites donc ! ...

"Non" me répondis sèchement Josy

Et il y eut un silence, un silence ...

Tout le wagon se tourna vers nous.

Pour que Josyse taise, il avait du se passer quelques choses d'extrêmement grave.

CRIME DE LESE-MAJESTE !

J'avais interrompue Josy !!!

Comment avais je pu faire une chose pareille ?!

Je pris mon MP3 d'un air détaché .

Regarda Josy droit dans les yeux, lui balança le plus charmant de mes sourires, puis zappant le scandale, je fermai les yeux et me fondis dans la douce voix de Morten HARKET, m'évadant dans les fjords lointains de la Norvège loin de cette banlieue grisâtre et surtout loin de la voix criarde de Josy !!!

Soupir de soulagement général !

Josy repris son blablabla interminable et le wagon repris vie.

Je savais que Josy ne m'en voudrait pas.

 En effet, j’étais la seule personne qui osait s'asseoir en face d'elle et qui la saluait. Avec un brin d'ironie certes, mais bon !

C’était toujours mieux que les têtes baissées des autres voyageurs !

De plus, cela faisait trois ans que nous étions collègues de travail

-eh, oui !

Et nous en avions déjà tellement vécu toutes les deux, que ce n'était pas ce petit incident qui allait ternir notre entente de principe.

Entente de principe, parce que nous n'avions pas grand chose en commun.

 Moi, artiste peintre ,23 ans, courant de petit boulot en petit boulot !

 Elle, la cinquantaine bien tapée, vendeuse de vocation !

Ça, oui ! Rien à dire, elle l'aimait son métier, elle l'avait dans la peau ! 

En fait tous que j'exècre dans la vendeuse de base !

 Le genre qui vous alpague à la seconde ou vous franchissez son territoire et qui ne vous lâche plus !

 Voir même qui vous insulte si vous avez le malheur de résister à ses assauts de super vendeuse !!!

 " Quoi! Quoi! Quoi ! " Elle est partie sans rien acheter " me vociférait elle après qu'elle m'eut refilée une pauvre cliente hagarde qui en me voyant avait du se dire "miracle, un ange, je suis sauvée !!!"

et elle n'avait pas tort, parce que je prenais un "malin" plaisir à casser la vente de ma "chère" Josy .....

"Ah, vous avez pris ce modèle !!! " Disais-je d'un air dubitatif ...

rien de plus ! Et ça suffisait pour qu'elle repose le modèle  et qu'elle s'en aille, limite en courant ....

Bref, rien en commun, mais que de souvenirs .....

 Petit flash back ! Et pas des moindres, bien que ce qui nous attendait dépassé de loin, de très loin, et notre imagination et notre entendement ....

 

Petit flash back, disais-je !

La catastrophe de la gare de Lyon !

Ce jour là ! Nous aurions du être dans le fameux wagon !

Mais le destin en a décidé autrement !

Josy qui partait toujours un quart d'heure en avance (ancienneté oblige !) n'avait pas trouvé sa place habituelle, au lieu d'être au début du wagon, elle du s'asseoir  au fond.

Et moi, avec ma collègue et néanmoins amie Calie, nous étions en retard .....

À l'heure H, nous descendions en courant du RER !

"Tiens le 19h15, n’est pas encore partie" pffffffffff.....encore des retards sur l'horaire .....Soupir .....

Un cri retentit

ATTENTION

L’escalator se bloqua d'un coup, Calie fut projetée en avant, je la rattrapais au vol.

Un bruit assourdissant comme une explosion, puis un silence  lourd, lourd, lourd ...un silence de mort.

Je comprends maintenant d'ou vient cette expression, ce silence était irréel ...

Une épaisse fumée, le haut parleur qui donne l'ordre d’évacuer, un message pré-enregistré, froid.

Pas de panique. Les voyageurs sortent sans précipitation, le regard interrogateur !

"Que se passe-t-il ?"

" Un attentat, tu crois ? "

Les pompiers arrivent de toute part.»pinpon,pinpon" ça raisonne encore dans ma tête !!!

 De ma vie je n'ai jamais vu autant de camion de pompier !

"Ça doit être très grave "

Nous nous dirigeons vers la gare la plus proche pour pouvoir rentrer chez nous. Dans le train avec nous, un jeune homme hagard, le visage noir de fumée !

"Ça va ? " lui demandais-je inquiète

"Oui, ça va, ça va !"

 son regard était remplie de terreur !

Je ne sais même pas comment il avait fait  pour venir jusque là !

 Il n'était pas blessé mais visiblement très choqué !

Le reste du voyage se passa dans un silence pesant !

 De temps en temps, je regardais le jeune homme !

J’aurais voulu savoir , Mais rien ne sortait de ma bouche, trop de question dans ma tête !

Calie, à côté de moi restait prostré, les yeux dans le vague !

On avait rien vu mais on sentait que quelques choses de terrible, c’était passé ! Arrivée à la gare  de correspondance, nous nous précipitâmes sur un téléphone public !

J’appelais ma mère pour la rassurer et c'est là que j' appris ce qui c'était passé ! Le nombre de mort, de blessés, les deux trains qui se percutent, enchevêtrés ..... On avait rien vu, juste une fumée noire épaisse, rien entendu après le choc, pas un cri, une plainte .....

Calie et moi, pleurant à chaudes larmes, réalisant à quoi on avait échappé !

Mon DIEU, et Josy ???

La nuit je n'ai pas pu dormir.

Peur de ce silence ; silence de mort !!!

Et le lendemain, quand j'ai vu Josy, fidèle au poste .....

Nous nous sommes jeté dans les bras l'une de l'autre !

vivante, on était vivante !

Une main ferme me secoua fermement !

Je regardais Josy, l’œil mauvais.

Sa bouche ouverte et vociférante tel un poisson dans son bocal.

Ah, zut !  Mon MP3 !

"Euh; tu disais Josy ? " en enlevant mes oreillettes, me coupant définitivement de la voix divine du beau Morten.

"On est arrivé ! Tu veux aller jusqu'à Ouagadougou, ou quoi? "

Toujours aussi aimable Josy !

 Mais bon en même temps, j'étais tellement loin dans mes rêves, qu’elle m'avait évité de me retrouver à 30 km de là !

Le soir, en pleine hiver, ça ne l’aurait pas fait !

Brave Josy, toujours prête à rendre service !

" À demain " lui criais-je

" Oui, oui "maugréa t'elle "à demain"

Et nous partîmes chacune de notre côté laissant Lucette continuer son trajet seule.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cette page

Repost0

Présentation

  • : galerie virtuelle et petit potin caraibéen de sofadream7
  • : tableaux perso , photo ,roman et petits potins des îles et autres....spiritualité....humeurs et coup de gueule....et surtout coup de coeur !
  • Contact

MERCI DE VOTRE VISITE

Recherche

À Voir Et Revoir .....

.......online.....

coucou !

what time is it ?