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Le lendemain, je retrouvais Josy sur le quai de la gare, déjà en compagnie de Calie qui après une journée de repos, semblée de bonne humeur.
En général elle prenait plutôt le train d’après, parce que me disait-elle
"Je n'ai pas ta "zénitude""
La conversation Josy-Lucette dés le matin, ça la mettait de mauvaise humeur pour la journée.
Je ne lui cachais pas ma surprise .

D’un air goguenard, je la saluais d'un :
"Ton réveil a sonné ce matin ?"
Elle me fit un clin d'œil et me chuchota :
"J’ai quelques choses à te raconter."
Le train arriva.
Nous laissâmes discrètement passer les autres voyageurs derrière Josy pour ne pas avoir à nous asseoir à côté d’elle.
Mauvais calcul, parce qu'étant tous des habitués du 8 h 15, ils nous laissèrent gentiment deux magnifiques places à côté de nos deux commères .
.. On eu même pas l'excuse de rester debout ...
Du coup pour mon petit potin du matin, c’était raté .
"Aby ?"
"Oui !" répondis-je
Abigail, Aby pour les intimes . C’était moi .
1m65, châtain dorée, yeux noisette, petit nez mutin et regard coquin .
"Aby?"
"OUI !!!!" M’impatientais-je
"Il faut que je te parles . "
"Ok" fis-je, un peu surprise par son ton mystérieux
"Rejoins moi dans la réserve tout à l'heure . "
............................................................................................................
Notre rencontre, Calie et moi avait été aussi un peu particulière.
C’était il y a trois ans .Je cherchais un petit boulot tranquille.
Histoire de pouvoir peindre sans me soucier du lendemain.
Un boulot pas prise de tête, ou je n’aurais pas trop à réfléchir
Et à user mon cerveau et mon imagination, réservée à ma création artistique.
Je voulais un boulot vide de tout intérêt intellectuel.
Un boulot pas très reluisant vu de l’extérieur mais qui finalement se révéla intéressant humainement parlant.


D’abord moi, la sauvage j’y appris à communiquer, à m’ouvrir un peu plus aux autres.
J’y appris la patience et la maitrise de soi.
J’avais aussi décidé de prendre ça comme un jeu .
Je jouais à la vendeuse.
Ce qui fait que je ne m’impliquais pas totalement, un peu comme une actrice de théâtre, j’entrais en scène à 9h30 et j’en sortais à 19h00 avec un entracte entre 11h30 et 13h00 .
À 19h00 j’enlevais mon costume de vendeuse et je redevenais Aby, l’artiste peintre, un peu mystérieuse et solitaire.

Je postulais donc au poste de vendeuse.
Mais attention, vendeuse en grand magasin .
Parce que vendeuse en grand magasin et vendeuse en boutique, ce n’est pas pareil .
Que nenni !
La technique de vente est différente.
La vendeuse en boutique, la pauvre malheureuse, est souvent seule (très seule) ne pouvant guère échapper aux clients de passage qui de toute façon ne demande qu’une seul chose, c’est que la vendeuse leur foute la paix .
mais malheureusement, Mme patronne est souvent là ,et vendeuse en boutique est obligée de faire du zèle sous l’œil critique de Mme patronne qui veille à ce qu’elle ne soit pas payer à ne rien faire …..
C’est tout le paradoxe qu’en on y réfléchit, la vendeuse rêve que le client lui foute la paix et réciproquement .
On devrait pouvoir trouver un arrangement sur ce coup là .
La vendeuse de grand magasin, elle, a plus de ressource pour fuir le client .
Noyée dans la masse on a plus de chance de passer inaperçu.
Pour avoir expérimenté les deux, entre nous, soit dit en passant .
vendeuse en grand magasin ,c’est peut être moins reluisant ,
mais à choisir entre « la classe »( la vendeuse en boutique est souvent de la « dernière branchitude » ) et « la paix royale »(bon ,là, je pousse le trait ,on va dire paix relativement royale ,tout dépend dans quel rayon on tombe …) :
il n’y a pas photo .
Bref je postulais donc au poste de vendeuse temps partiel, parce que je tenais à ce qu’il me reste du temps pour peindre .
Lors de l'entretien, je tombai sur un homme charmant qui, coup de chance ou coup du destin, était un fou de peinture.
En regardant mon CV, il m’interrogea sur ma vocation première et comme j’avais toujours sur moi, deux trois photos de mes œuvres …
Nous passâmes donc tout l’entretien à deviser peinture, peintre, artiste ….
Bref sur la fin, il sortit quand même un test d’aptitude à la vente, que je passais haut la main .
J’avais pris le partie de répondre ce que je pensais qu’une vendeuse aurais répondu .
Bingo !
J’étais une méga super vendeuse en devenir .
Ce qui intérieurement me fit ricaner doucement .
Sachant que peu de temps avant, j’avais fait un test graphologique, qui disait noir sur blanc
« AUCUN SENS DU COMMERCE »
Mais bon, je laissais donc croire à ce charmant recruteur qu’il avait découvert la perle rare.
J’atterrissais donc une semaine plus tard …
au rayon sport .
Moi, la grande sportive ….
le premier qui pouffe ……

Je fus accueillie par une rangée de vendeuse, dont la fameuse Calie, l’œil goguenard, elle savait elle, ou j’allais atterrir.
Le département 13 était là, au grand complet pour accueillir la petite nouvelle, celle qui allait se faire « bouffer » tout cru par la terrible Josy .

Calie me tapa tout de suite dans l’œil.
Du haut de ses 1m73, elle dépassait d’une tête les autres vendeuses.
Elle avait un petit air de Bécassine .
Oui, je sais …
Pas qu’elle est l’air totalement stupide, ni qu’elle soit habillé version traditionnelle normande, mais son visage rond, son petit nez retroussé, ses petites lunettes rondes, sa coupe courte au carré me la rendit tout de suite sympathique .
Au premier regard, je savais toujours si le feeling passerait ou pas.
Je ne mettais jamais trompé et si d’aventure j’avais fait fit de mon instinct infaillible en laissant une petite chance à celui ou celle avec qui le feeling ne passait pas au premier abord.
Je le regrettais amèrement.

Donc, je faisais confiance à mon instinct, la première impression était toujours la bonne .
Et pourtant, à cette heure précise, l’œil noir de Calie affichait la méfiance et son air revêche me donner pas vraiment envie de sympathiser.
L’accueil fut glacial .
Comme d’habitude, je prie le partie d’ignorer la « bêtise humaine ».
Je balançais donc mon fameux sourire et j’ajoutais un
« bonjour, mesdames » remplie d’ironie.
Un grommellement général me répondit.
Je passe sur mon apprentissage avec Josy …
J’avais un truc infaillible avec les « petits chefs » ….
pas du cirage de pompe mais un :
« Josy, vous pouvez venir attacher les lacets du monsieur, vous le faites tellement mieux que moi »
Et Josy, toute fière de le faire « tellement mieux que moi », passait bien plus de temps à genou à attacher des lacets que moi à vendre quoique ce soit .
Et comme elle faisait « tout » bien mieux que moi ....
Bref, je caressais la « bête » dans le sens du poil ….
et je passais le plus clair de mon temps dans la réserve qui par bonheur était un vrai foutoir, ce qui me laisser un bel avenir de squatteuse de réserve devant moi ….
« Josy, il y a de la marchandise qui vient d’arriver »
« oh,la,la,la,la… »
Je sais pas pourquoi, mais ça la paniquait toujours, même si on recevait 3 boites qui se battait en duelles
« Tu veux que je les range en réserve » demandais-je toujours d’un air ingénu.
Soupir de soulagement ……
Finalement on s’était fait notre petit arrangement tacite,
Elle en rayon, à tyranniser le client.
Et moi en réserve …à rêvasser dans la poussière et les boites à chaussure de sport …
Bref, contre toute attente, entre moi et le « dragon » du rayon sport, la mayonnaise pris tout de suite, ce qui parut fort suspect aux yeux du reste de l’équipe de choc du département 13.
Calie, me battit froid pendant de long mois.
Nous nous contentions d’un bonjour et de collaborer quand l’activité le rendait nécessaire.
Jusqu’au jour, ou Calie qui vivait à Paris intra muros, déménagea prés de chez moi en banlieue .
Ce qui déjà était un signe du destin parce que vu l’étendu de la région parisienne.
Il fallait vraiment le faire pour tomber juste dans l’immeuble en face de moi .
Et vu que nous nous parlions quasiment pas, imaginez le choc quand nous nous croisâmes pour la première fois sur le quai de la gare .
Au début, nous prenions bien soin d’attendre le train chacune à un bout du quai ou a des heures différentes.
Jusqu’au jour ou ….
Un drame survint dans sa vie personnelle …
Alors quel était sur le point de se marier.
Gilles son fiancé se tua dans un terrible accident de moto.
Et coïncidence …et je me plais à croire que la vie est faite de rencontre prédestinée, que Dieu permet que deux âmes qui souffre du même mal puisse se rencontrer pour se soutenir mutuellement ….
J’avais vécu le même drame, deux ans auparavant …
A un détail prés, c’est que deux jours avant l’accident coutant la vie à Baptiste, mon fiancé, j’avais refusé de l’épouser prétextant qu’à 20 ans, nous étions trop jeune et que nous avions la vie devant nous ….
Calie, elle, au contraire, venait de dire « oui » et préparée joyeusement son mariage.
Je ne sais pas laquelle de cette situation était la plus terrible ….
Mais la souffrance qui s’en suivit se valait largement…
Après, l’accident, elle ne vint pas travailler pendant plusieurs jours.
J’appréhendais ce moment ou je la croiserais sur le quai.
Trop de souvenir douloureux, remontait à ma mémoire, j’avais réussi à surmonter tant bien que mal, la culpabilité qui me rongeait, il était partie sur un malentendu …je l’aimais …
Et de lui avoir dit « non » ne signifiait rien de plus que repousser quelques choses que je désirais ardemment, juste parce que je croyais que notre amour durerait pour l’éternité…
Comment à 20 ans aurais je pu m’imaginer que la mort rôdé, implacable et sans appel.
Calie, elle au moment du drame, nageait dans le bonheur .
J’avais même eu droit à quelques timides sourires .
Et elle avait tellement envie de partager son bonheur, qu’elle m’invita même un jour à aller voir sa robe de mariée .
Elle devait faire un dernier essayage et avait besoin d’un avis non complaisant.
Elle savait que j’avais un certain franc parlé…
En gros, je pensais qu’on rendait bien plus service en disant la vérité qu’en faisant un mensonge de complaisance à la limite de l’hypocrisie pour ne pas blesser.
D’ailleurs question, clientèle, quand Josy voyait que la rare cliente dont je m’occupais était boudinée dans son 36 fillette.
Elle accourait pour prendre la relève, de peur que je fasse prendre conscience à la brave dame qu’elle avait l’air d’un « affreux » boudin dans ce modèle.
Plusieurs fois, d’ailleurs je l’avais vu virer au cramoisi, quand par malheur elle arrivait trop tard ….
Mme cliente repartait illico dans la cabine d’essayage pour enlever ce « crime » du bon goût …
Je l’avais trouvé particulièrement jolie, ma Calie ce jour là, dans sa robe de mariée, elle était rayonnante.
….mais voilà….
J’étais là, sur le quai, face à elle, elle n’était pas à l’autre bout comme d’habitude, pas la force de chercher à m’éviter …
Elle esquissa un sourire.
Son visage était livide.
Son regard,
Caché derrière ses petites lunettes rondes remplies de buée.
Je devinais des yeux bouffis par les pleurs, secs d’avoir trop pleuré.
Je pris sa main et la serra très fort.
J’avais du mal à trouver mes mots.
« J’ai perdu mon fiancé dans les même circonstances » réussis je à murmurer
« N’hésite pas, si tu veux parler, je suis là »
Une larme coula le long de sa joue.
Le temps passa, deux ans .
Elle mit du temps avant de pouvoir se confier, mais entre nous naquit une profonde amitié.
Nous étions devenus inséparable.
Mais pour l’heure je l’attendais ma Calie, avec son « il faut que je te parle » et son petit air mystérieux ….
Déjà, dix minutes que je l’attendais dans mon domaine ; la réserve.
La réserve était un lieu, bien spéciale .
Elle nous servait de vestiaire, de lieu de réunion au sommet, potins en tout genre, confidences, petites cachoteries, voir rendez vous galant …
et surtout lieu béni ou l’on pouvait boire un petit café …
En effet, Mme Carbona, notre ex chef de dept’, grande adepte du petit noir du matin, nous avait permis d’y installer une petite cafetière électrique, à la condition que chaque matin nous lui en apportions une petite tasse ….
Mr Carvin, nicolas pour les intimes, notre nouveau chef de dept’ n’osa pas supprimer ce petit avantage et nous laissa continuer notre petit rituel du matin.
Une bonne odeur de café envahit le rayon.
C’est dingue comme le café, ça peut sentir fort ….
A vrai dire, nous bravions les autorités du magasin et si le directeur venait à humer cette douce odeur ….
Mais Josy avait prévu le coup, en général non seulement elle montait la garde, mais elle aspergeait chaque matin le rayon d’un déodorant écœurant qui mettait chaos n’importe qu’elle odeur suspect.

« ABIGAILLLLLLLL…. »
Ça c’était Josy , sa « douce » voix ,réveillerait n’importe qu’elle hiberné ….
« OUIIIIIII »
« TU AS PREPARE LE CAFEEEEEEE… »
Ben voyons, avec les trésors de précaution qu’on prenait pour ne pas se faire piquer, Josy « éléphant dans un magasin de porcelaine » ,plus fort que Gaston Lagaffe avait manqué une fois de plus de nous faire repérer .
En effet, j’entendis derrière la voix de notre bien aimé directeur, Mr Langlois.
« Mme Descaly »
« Oui, Mr le directeur » répondit Josy pétrifiée
« Vous passerez dans mon bureau »
« Oui, Mr le directeur »
« Il y a un problème au niveau du stock, il faut qu’on voit ça ensemble »
« Bien Mr le directeur »
Snif !snif !
« Ça sent le café ici, non ? »
Snif !snif !
« Euh, NON ……Mr le directeur » répondit Josy avec aplomb
Snif !snif !snif !
«Ah bon, a tout à l ‘heure Mme Descaly »
« à tout à l’heure Mr le directeur »
J’entendis un long soupir de soulagement et un pschitt, pschitt, pschitt suivi d’une odeur de patchouli ….
Je faillis en recraché mon café tellement l’odeur était écœurante.

J’entendis la porte du bureau du chef de dept’ s’ouvrir, bureau qui se trouvait dans le petit couloir pour aller dans la réserve ….
Difficile d’ailleurs d’y rentrer discrètement quand la porte du bureau était ouverte …
Un hurlement retenti …
Hurlement qui pour le coup me fit recraché tout mon café …
Puis un grand éclat de rire …
« C’est malin » grommelais-je
Je courus voir ce qui se passait et je trouvais une Josy, explosée de rire.
En effet, installé sur le bureau du chef, un mannequin de vitrine assis, nu face à nous, nous regardait avec ses yeux fixes et vides.
C’est vrai qu’au premier abord ça faisait un choc .
Je regardais Josy, nous eûmes la même idée …
et nous refermâmes la porte.
S’il y a une chose qu’on ne pouvait pas reprocher à Josy , c’est que quand il le fallait ,elle savait s’amuser.
Cependant va savoir pourquoi, quelque chose m’interpella.
Etrange…
D’abord qui avait mis ce mannequin, il n’y était pas hier soir quand nous sommes partie …
Je retournais dans le bureau et en m’approchant du mannequin, je vis dans le creux de sa main tendu, un petit papier, pliée en quatre avec sur le dessus comme une fleur tatouée, rouge, couleur sang .

« Aby iii hi !hi !ha! ha!ha!”
Ça c’était Calie qui arrivait enfin surprise à son tour par la vision inattendue du mannequin.
« Quel est le givré, qui a mis ça là ? »
« Bonne question » répondis-je en cachant discrètement le petit papier dans ma poche.
Avant de le montrer à qui que ce soit, je voulais le lire tranquillement…
comme si une petite voix intérieur me disait : « prudence et discrétion »…
« Te voilà, enfin, tu en as mis du temps ? »
« Oui,…j’ai croisé Sylvia .
Tu la connaîs toujours un blablabla à raconter, à croire qu’elle passe toute la nuit à réfléchir à ce qu’elle va pouvoir déblatérer le matin… »
Sylvia, c’était la « poison » du département, l’inévitable punaise qui surveille, épie, dénonce….
l’espion du roi, en sorte, qui rend compte chaque jour au chef de dept’ des vicissitudes de ses petits camarades …
Préoccupée, par le petit papier que j’avais dans la poche,
je n’écoutais même pas Calie me raconter en long et en large les divagations de Sylvia.

J’en avais même oublié, le petit secret de Calie.
« ouh !ouh ! Aby, tu rêves ? »
Je sursautais
« Viens »
Elle me tira par la manche et m’amena dans la réserve.
Le sol et le miroir était encore maculé du café que j’avais régurgité.
J’attrapais un chiffon sur l’étagère des produits d’entretiens et pendant que Calie râlée en changeant ses collants.
« Encore un de filé, M…. alors, au prix ou je l’ai payé ! »
J’entrepris d’essuyer le miroir. Et au moment, ou ma main atteignit celui ci avec le chiffon …
Impossible de dire si ce fut une hallucination ou quoi ?
Mais ça me pétrifia .
Je restais figé sans voix.

Je regardais Calie qui maugréait toujours sur la vie éphémère du collant
« Que ça coutait la peau des fesses et que y en avait marre de c’t’arnaque »
Bref concentrée sur son collant filé, elle n’avait rien vu.
Une sueur froide me passa le long du dos
« Non, non, j’ai rêvée là, j’ai des hallucinations, ce n’est pas possible, réveille toi, Aby réveille toi »Pensais-je
Je frissonnais puis secouais mais épaule comme pour me réveiller…
« Ça va » me demanda Calie « t’es toute pâle d’un coup »
« Ça va, ça va »
Je n’osais même plus toucher le miroir.
« Calie, tu ne veux pas nettoyer le miroir pour moi » lui demandais-je
« Pendant que je nettoierais le sol, ça ira plus vite » …
« Ok !mais t’es sur que ça va, j’t’assure tu es livide »
« Ça va, ça va » grommelais-je
Si, je lui racontais ce que j’avais vu, elle me prendrait pour une folle.

Je me dirigeais vers le placard ou était rangé serpillière et balais.
« Tiens, c’est curieux »
« Quoi ?quoi ? » fis je en revenant sur mes pas précipitamment.
« Regarde »
Quand elle frottait sur la tache quelque chose apparaissait et disparaissait aussi vite qu’elle était apparu.
On aurait dit comme une fleur, une rose, une rose rouge tatoué ….
J’appuyais ma main contre le mur prise d’un léger malaise …
Là, ça faisait beaucoup...
Le mannequin, le mot au creux de sa main, l’apparition étrange dans le miroir, puis cette fleur qui semblait venir de nulle part, cette rose qui ressemblait à la fleur tatouée du mannequin .
Calie me fit asseoir sur l’unique chaise de la réserve
« Bon, là, c’est sûr, ça va pas, j’appelle Josy »
« Non, non, ça va aller ! je n’ai pas mangé ce matin »mentis je
« un petit gâteau et un café ça ira mieux ! »
Pour le coup, je n’étais pas sûr de vouloir rester seule dans la réserve et je préférais laisser Josy et sa grande gueule à l’écart de tout ça …..

« Comme tu voudras »
« Bon ! De quoi tu voulais me parler ? » Dis je en tentant de faire diversion
« Tiens, regarde »
Je pris l’enveloppe qu’elle me tendait.
Et ma main se mit à tellement tremblé que Calie prit peur.
« Qu’est ce qu’il se passe, qu’est qu’il se passe !!! »
« Mon DIEU, qui t’as donné cette lettre ?!?! »
« Je ne sais pas ! » hurla t ‘elle, hystérique de me voir dans cette état …


« Je ne sais pas, je l’ai trouvé dans la poche de mon manteau, mardi en rentrant chez moi »
Sur l’envellope, d’un rouge flamboyant, comme un cachet la scellant, une rose tatouée ...
« Viens, viens »fis je en la tirant hors de la réserve
« Arrête Aby, tu me fais peur, là ! Qu’est ce qui se passe »
Et elle se mit à pleurer.
« chuuuuutt…. Viens »
Je l’emmenais dans une cabine d’essayage à l’abri des regards.

Nous nous essayâmes, histoire de reprendre nos esprits et j’entrepris de lire la lettre de Calie …
« Oh, ma douce, ma bien aimée
Dés que j’ai croisé ton regard
Mon cœur s’est enflammé
J’observe et je regarde de loin ton doux visage
N’osant déclarer ma flamme
Sauras tu me reconnaître lorsque je passerais prés de toi
Verras-tu l’amour fou qui illumine mon regard.
À bientôt, oh ma douce ma bien aimée »
Mouis,mouis ... Pas de signature !
Le texte était écrit apparemment à la plume, à l’ancienne avec de l’encre de chine rouge foncée …
S’il n’y avait pas eu tant d’événement bizarre avant, j’aurais sans doute taquinée Calie .
Mais là, ma poche gauche me titillait curieusement.
Je sortis le mot que j’y avais glissé et devant Calie éberluée, elle avait aperçu la rose tatouée sur le papier .j’entrepris de lire le mot :
« Je sais qui tu es…
Ne parles à personne de ce que tu as vu...
Ou sinon … »
Bon, là, on frôlait le délire total
« Je sais qui tu es … » qui ça ?, moi ? Aby !!!
N’importe qui aurait pu trouver ce mot …
« Ne parle à personne de ce que tu as vu… »
Ben, oui, j’ai bien vu quelques choses !
Mais après avoir trouvé ce mot …

« ouh la la ! Calie, je sais pas ce qui se passe, mais c’est trop bizarre !!! »
Et de lui expliquer ce que j’avais aperçu dans le miroir.
Bravant du coup la menace ……








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